Comprendre la personnalité de son chien grâce au questionnaire C-BARQ

Une jeune femme se promenne avec son mlabrador au parc sous un soleil éclatant
Ecrit par
Ilyas Chanou
Ilyas Chanou
Spécialiste du monde animal
Publié le
July 27, 2026

Résumé de l'article

Votre chien bondit-il sur chaque visiteur avec enthousiasme ou préfère-t-il observer la scène à distance ? Supporte-t-il difficilement vos absences ? Se montre-t-il inquiet face aux inconnus, aux autres chiens ou aux bruits inhabituels ?Ces comportements ne résument pas toute sa personnalité, mais leur observation dans différentes situations aide à mieux comprendre sa manière de réagir. Une démarche désormais facilitée en France grâce à la validation scientifique d’une version française du questionnaire C-BARQ.
Sommaire

Qu’est-ce que le C-BARQ ?

C-BARQ signifie Canine Behavioral Assessment and Research Questionnaire, soit « questionnaire d’évaluation et de recherche sur le comportement canin ».

Développé sous la direction du professeur James Serpell, à l’université de Pennsylvanie, cet outil permet aux propriétaires de décrire de manière standardisée les comportements habituels de leur chien.

Le questionnaire ne place pas l’animal dans une situation expérimentale. Il interroge la personne qui vit avec lui sur ses réactions face à différents événements du quotidien : rencontre avec un inconnu, séparation, présence d’un autre chien, bruits, manipulations ou encore recherche d’attention.

Son objectif n’est pas de poser une étiquette sur l’animal, mais d’obtenir une description structurée de ses comportements. Le C-BARQ est notamment employé dans des travaux de recherche et peut intéresser les vétérinaires comportementalistes, éducateurs, refuges et organismes travaillant avec des chiens. Université de Pennsylvanie – C-BARQ

Une version française désormais validée scientifiquement

Jusqu’à récemment, l’utilisation du C-BARQ en France était limitée par l’absence de validation scientifique de sa traduction française.

Cependant une bonne concordance avec le modèle américain d’origine a été confirmée. Les auteurs concluent que la version française constitue un outil valide d’évaluation du comportement canin, tout en rappelant que le contexte culturel et les caractéristiques de la population étudiée doivent être pris en compte dans l’interprétation des résultats.

🚨Quels comportements sont étudiés ?

La version française validée permet d’explorer 13 dimensions principales :

  1. l’agressivité ou la peur dirigée vers les inconnus
  2. les comportements liés à la séparation
  3. l’agressivité envers les autres chiens
  4. la peur des autres chiens
  5. les peurs non sociales
  6. l’agressivité dirigée vers le propriétaire
  7. l’excitabilité sociale et le niveau d’énergie
  8. l’agressivité envers les passants
  9. l’attachement et la recherche d’attention
  10. les problèmes d’élimination
  11. la poursuite ou la chasse
  12. la capacité à répondre aux apprentissages
  13. les comportements de type compulsif

Ces catégories décrivent des tendances comportementales. Elles ne signifient pas qu’un chien appartient définitivement à un « type » figé.

Un même animal peut, par exemple, se montrer à l’aise avec les humains qu’il connaît, inquiet face aux inconnus et très excité lorsqu’il rencontre un congénère. Sa réaction dépend aussi de la situation, de son état émotionnel et de ses expériences antérieures.

un ejeune fille joue avec son chien labrador marron dans sa chambre

Quelles particularités l’étude française a-t-elle révélées ?

La structure française reste globalement proche des versions du C-BARQ déjà validées dans d’autres pays. L’étude a néanmoins fait apparaître certaines particularités.

Peur et agressivité envers les inconnus

Dans les réponses recueillies, la peur et l’agressivité dirigées vers les inconnus se sont regroupées dans un même facteur. Les chercheurs avancent que les propriétaires non spécialistes peuvent avoir des difficultés à distinguer ces deux dimensions.

Un comportement perçu comme agressif peut effectivement s’inscrire dans une réaction émotionnelle plus complexe. Ce résultat rappelle surtout qu’un questionnaire rempli par le propriétaire retranscrit son observation du chien, avec une part inévitable d’interprétation.

Agressivité envers les passants

L’agressivité dirigée vers les passants est apparue comme un facteur distinct dans l’échantillon français.

Comportements de type compulsif

L’analyse a également fait émerger un facteur regroupant des comportements qualifiés de « compulsive-like » par les auteurs, c’est-à-dire des comportements ressemblant à des manifestations compulsives.

⚠️ Cette catégorie ne permet pas au propriétaire de poser lui-même un diagnostic de trouble compulsif. Des comportements répétitifs peuvent avoir plusieurs origines et nécessitent une évaluation vétérinaire.

Excitabilité sociale et énergie

Certains éléments relatifs à l’attachement se sont regroupés avec des comportements liés à l’énergie. Les chercheurs ont ainsi identifié une dimension appelée « excitabilité sociale/énergie ».

Ces différences peuvent être liées à la composition de l’échantillon, au contexte culturel ou à la manière dont certains comportements sont compris et décrits par les répondants. Elles ne permettent pas d’établir que les chiens vivant en France possèdent une personnalité fondamentalement différente de celle des chiens d’autres pays.

À quoi sert l’évaluation de la personnalité d’un chien ?

Comprendre les tendances comportementales d’un chien peut améliorer son accompagnement dans plusieurs situations.

Adapter son environnement

Un chien sensible aux bruits, peu à l’aise avec les inconnus ou rapidement excitable n’a pas les mêmes besoins qu’un animal particulièrement sociable et stable dans des environnements animés.

Identifier ces sensibilités peut aider à organiser progressivement les rencontres, les déplacements, les périodes de repos ou les activités proposées.

Personnaliser les apprentissages

Les méthodes et le rythme d’apprentissage peuvent être adaptés à la capacité de concentration, au niveau d’excitation et aux motivations de chaque chien.

L’objectif n’est pas de comparer les performances des animaux, mais de leur proposer des conditions compatibles avec leurs capacités et leur état émotionnel.

Repérer plus tôt une évolution

Une description structurée du comportement peut fournir un point de comparaison dans le temps. Elle peut notamment aider à remarquer qu’un comportement s’intensifie, apparaît dans de nouvelles situations ou altère progressivement la vie quotidienne.

Préparer une adoption ou une activité

Les questionnaires comportementaux peuvent également contribuer aux démarches menées par les refuges, les associations ou certains organismes sélectionnant des chiens pour une activité particulière.

Ils ne doivent cependant pas être utilisés comme un verdict isolé. Un chien placé en refuge, récemment adopté ou confronté à un environnement inhabituel peut présenter des comportements très différents de ceux observés dans un milieu familier.

une séance de training avec le chien pour observation de son comportement

Le C-BARQ peut-il diagnostiquer un trouble du comportement ?

Non. Le C-BARQ est un outil standardisé de description et d’évaluation. Il ne remplace ni l’examen clinique ni la consultation comportementale.

Les réponses reposent sur l’observation du propriétaire. Elles peuvent être influencées par :

  • la fréquence des situations rencontrées
  • l’environnement dans lequel vit le chien
  • la compréhension des questions
  • la perception personnelle de certains comportements
  • les changements récents dans la vie de l’animal

Un résultat élevé dans une catégorie ne suffit donc pas à poser un diagnostic.

❗ Une modification brutale du comportement doit conduire à consulter un vétérinaire. Douleur, maladie, atteinte sensorielle ou trouble neurologique peuvent modifier les réactions d’un animal. Il est essentiel d’examiner d’abord ces causes possibles avant de conclure à un problème uniquement comportemental.

Observer sans coller d’étiquette

Les expressions « chien dominant », « chien jaloux », « chien méchant » ou « chien têtu » sont souvent utilisées pour résumer rapidement une situation. Elles peuvent pourtant masquer des réalités très différentes.

Une observation plus précise consiste à décrire :

  • ce que fait concrètement le chien
  • dans quel contexte le comportement apparaît
  • à quelle distance se trouve le déclencheur
  • sa fréquence et sa durée
  • les événements qui le précèdent
  • la manière dont l’animal retrouve son calme

Dire qu’un chien grogne lorsqu’un inconnu se penche au-dessus de lui est, par exemple, plus utile que de le qualifier simplement d’« agressif ». Cette description donne des informations exploitables au vétérinaire ou au professionnel du comportement.

Le questionnaire long peut-il être utilisé par tous les propriétaires ?

Le C-BARQ original est un questionnaire détaillé comportant une centaine de questions. Cette longueur permet une évaluation étendue, mais demande du temps et de la régularité dans les réponses.

Les auteurs de l’étude française indiquent souhaiter poursuivre le travail afin de valider une version courte de 42 questions, potentiellement plus pratique à utiliser.

Une version courte du C-BARQ comportant 42 éléments a déjà fait l’objet d’une validation scientifique internationale en 2024. Cette étude ne constitue toutefois pas, à elle seule, la validation spécifique d’une traduction française courte.

Le questionnaire français complet figure dans les éléments supplémentaires associés à la publication scientifique. L’accès à la plateforme officielle C-BARQ nécessite la création d’un compte. Les conditions d’utilisation et d’interprétation de l’outil doivent être respectées.

Quand demander de l’aide ?

Une consultation est recommandée lorsque le chien :

  • manifeste une peur intense ou persistante
  • grogne, menace ou mord
  • ne parvient pas à rester seul
  • présente des comportements répétitifs préoccupants
  • détruit, vocalise ou élimine régulièrement en l’absence de ses propriétaires
  • devient soudainement irritable ou agressif
  • présente un comportement mettant en danger l’animal, une personne ou un autre animal

Filmer brièvement certains comportements, lorsque cela peut être fait sans provoquer la situation ni exposer qui que ce soit à un danger, peut fournir des informations utiles au vétérinaire.

En cas de risque de morsure, la priorité reste la sécurisation de l’environnement. Il ne faut pas chercher à « tester » le chien ou à reproduire volontairement le comportement.

Comportement et assurance santé animale

Une difficulté comportementale peut conduire à consulter un vétérinaire afin d’en rechercher l’origine, d’évaluer l’état de santé du chien et de mettre en place une prise en charge adaptée.

Selon les contrats, certains frais vétérinaires, examens ou traitements peuvent être couverts, exclus ou soumis à des conditions particulières. Avant de souscrire une assurance santé animale, il est donc important de vérifier précisément :

  • les actes pris en charge
  • les exclusions relatives au comportement
  • les éventuels délais de carence
  • les plafonds annuels
  • les justificatifs demandés

Chez Filouzii, nous considérons qu’une bonne protection ne commence pas uniquement lorsqu’un problème survient. Observer son animal, respecter ses besoins et consulter suffisamment tôt participent aussi à préserver son bien-être et la relation qui vous unit.

À retenir

Le C-BARQ français offre désormais un cadre scientifiquement validé pour décrire les comportements du chien. Il peut aider à mieux identifier certaines tendances, à améliorer les conseils donnés aux propriétaires et à suivre l’évolution d’un animal.

Il ne lit pas dans les pensées de votre chien - dommage, cela réglerait quelques mystères autour des chaussettes disparues — et ne remplace pas l’expertise du vétérinaire. Sa véritable utilité consiste à transformer des impressions générales en observations plus précises, afin de mieux comprendre et accompagner chaque chien.

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